Vers le 7 novembre 1947, Louis et Clotilde Mérigot organise la rencontre de deux gamètes qui donneront Dominique. Soixante-dix ans plus tard, je regarde venir mes 70 ans qui, officiellement, se fêteront le 7 août 2018 à Brezons, sous le Plomb du Cantal, à 1210 mètres d'altitude, à L'ermitage de Grandval.   

Auvergnat de naissance, je le suis de nouveau depuis 2001. Le sud-est de la Seine-et-Marne me berça, puis me socialisa par des études techniques puis psychologiques. Artisan couvreur puis petit cheminot de grande banlieue, discret et non-violent, mon père m'enseigna l'humilité sans le savoir. Surtout, il me montra ce que des mains peuvent construire avec de l'habileté, de la patience et du goût. Enfin, pour le goût en général et l'amour des fleurs notamment, ma mère me transmit l'importance de la sensibilité. Je devins ainsi très tôt poète et, entre autres, curieux de la beauté intérieure de la femme. Je fus, avec mes quatre frères et soeurs, aimé et encouragé par mes parents à me réaliser. Un discret mais grand respect de ma part les accompagne. Le décès accidentel d'une soeur aînée et les soucis familiaux qui s'en suivirent plaça l'absence et la tristesse à une bonne place dans ma famille. Terreau pour ma carrière de psychologue clinicien et thérapeute de familles. 

Psychologue de l'engagement au quotidien auprès des souffrances psychosociales, j'eus l'opportunité de développer un beau projet d'accueil, d'hébergement-ensemble et d'aide pour les parents et enfants en difficulté éducative ("L'arbre"). Deux ouvrages ponctueront cette expérience. Le second, "Liens du coeur, liens du sang", écrit avec une amie thérapeute, est une belle porte ouverte sur la résilience des personnes amochées par la vie. Formateur de thérapeutes dans l'esprit généreux d'une systémie humaniste, je me suis beaucoup intéressé aux auteur(e)s de violences et fut l'initiateur, à Nouméa, à la demande de la Province Sud, d'un centre de traitement des violences conjugales prenant conjointement en charge les victimes (dont les enfants, victimes discrètes) et les auteurs de ces violences. Puis la retraite m'amena en Auvergne avec encore un beau projet communal écotouristique et mon engagement en faveur d'une maison d'accueil d'enfants. 

La construction de mon chemin spirituel s'est faite je dirais parallèlement et discrètement, tout au long de ma vie. Je l'aborderai plus spécifiquement dans l'un des articles qui paraîtront dans ce blog, évoquant mon expérience du soi au long de mon parcours. Juste quelques mots pour le situer. D'abord engagé intérieurement dans un christianisme quasi mystique qui m'apporta la grâce d'une expérience profonde de l'être, je m'en éloignai dès mes 21-22 ans et m'intéressai aux approches indiennes et chinoises. Une pratique assidue du Taichi Chuan et de la méditation assise rythma ma vie quotidienne pendant une douzaine d'années et me conduisit à enseigner le grand enchaînement pendant quelques années. En 2003, des problèmes de santé neuropathiques (hypersensibilité douloureuse) m'obligèrent à diminuer et intérioriser ma pratique pour l'adapter à une baisse d'énergie importante. Mon approche de la méditation prit en compte la place de la douleur dans l'ouverture à soi et me conduisit de façon durable vers une voie de l'accueil de soi à travers une pratique de microméditations qui m'a été confirmée par la voie bouddhiste tantrique du Cachemire.

Depuis 2000, après la séparation de mon épouse et mère de nos deux enfants, qui m'apparut  souhaitable pour poursuivre mon chemin intérieur (délicate décision), j'ai eu la joie de partager mon chemin avec une compagne yoguini, Olivia. L'acquisition étonnante de deux burons de berger avec leurs ruines de granges attenantes, permit d'engager ensemble le projet de "L'ermitage de Grandval", lieu de ressourcement présenté par l'onglet dédié et par le site www.ermitage-grandval.fr.